La Patagonie en Stop – En route pour Bariloche !

Hello les amis, alors certains le savent surement déjà, mais je suis rentrée au bercail le 26 septembre, aussi c’est depuis chez moi que j’écris la suite du périple. J’espère que ça ne vous enlèvera pas le plaisir de la lecture pour autant. Je sais que je n’ai plus écrit depuis une éternité, je n’ai pas forcément eu l’envie, mais j’ai jugé important de m’y remettre, avant tout dans un souci de mémoire, pour pouvoir y revenir à l’avenir.

De Mendoza à Bariloche

Voici donc la suite du récit: Comme vous vous en souvenez, j’en étais restée à notre escapade, Katja et moi, dans les vignobles de Mendoza, le jour de mon anniversaire, anniversaire d’ailleurs qui à fini un peu en débandade. Eh bien le lendemain, de bonne heure, nous fîmes nos bagages, et nous commençâmes notre descente en stop vers la Patagonie !

Ce matin là, nous nous levâmes de bonne heure, malgré les excès de la veille, et nous préparâmes nos petits cartons pour indiquer notre destination. Autant vous dire que n’ayant jamais fait de stop auparavant, j’étais dans un état de stress avancé, alors que bien évidemment Katja, elle, était pleine d’entrain et nullement impressionnée par cette nouvelle aventure. Après que nous eûmes demandé le chemin à l’hôtesse de l’hostel, nous partîmes, nos maisons sur le dos direction l’autoroute. Ce ne fût pas facile, nos sacs pesaient le poids d’un âne mort, maintenant qu’il était rempli d’affaires d’hiver (nous avions fait quelques magasins a Cordoba) et c’est avec joie que nous prîmes place a l’entrée de la voie rapide direction: le Sud. Joie qui fut de très courte durée, car décidément personne ne semblait disposé à nous embarquer. Vêtues de nos plus beaux survêtements, (le but ayant été d’être les plus confortables possible) nous ne donnions semble-t-il pas du tout envie aux automobilistes de s’arrêter, et ce malgré les gros sourires collés sur nos visages, pleins d’espoir. Je me souviens que ma motivation ce jour là était des plus précaires: j’avais honte d’être la, en bord de route, le pouce tendu alors que personne ne s’arrêtait.

Et puis le miracle se produisit ! Enfin! Après des heures et des heures d’attente ( presque 5 si je me souviens bien d’ailleurs) quelqu’un s’arrêta pour nous emmener ! Notre sauveur se présentât sous les traits d’un gentil petit vieux, qui avait eu pitié de nous et nous avait proposé de nous conduire un peu plus loin sur la route, en nous expliquant qu’on n’aurait pas beaucoup de chance, postées a cet endroit la. Heureuses que quelqu’un s’arrête enfin, nous avions balancé nos sacs à l’arrière du véhicule (qui était dans un sacré état par ailleurs, vu qu’il manquait le dossier du siège conducteur… rien que ça! Je doute fort qu’il eut passé le contrôle technique dernièrement lui) et laissé le gentil monsieur nous déposer à l’endroit ou il pensait que nous aurions plus de chance d’être emmenées, seulement 2/3 km plus loin. Une fois sur place, mon désespoir et le sentiment que nous allions y passer la nuit me revint rapidement, et seules les remarques de Katja alimentèrent encore ma patience, puisque chaque fois qu’une voiture passait elle me lançait allègrement un « Souris mec !! ». Ce rappel me fut utile les quelques premières fois, mais après plus de 5 heures de stop, le sourire se dessinait automatiquement sur mon visage, ô combien naturel, je vous laisse l’imaginer… Pendant notre assez longue attente la bas, même un flic s’était arrêté pour nous demander quelle était notre destination, et nous mettre en garde, de ne pas perdre nos affaires de vue, puisque le coin n’était pas sur du tout…. Suuuppeeerrrrr !! Manquait plus que ça !

Mais tout espoir n’était pas perdu, puisqu’une camionnette s’arrêta près de nous peu de temps après. Surprises, nous nous regardâmes brièvement avec Katja, avant de nous élancer d’un commun accord pour discuter avec les conducteurs. Ils nous proposèrent de nous faire avancer d’une centaine de Km dans notre direction, mais ensuite ils devaient bifurquer vers une autre destination. Très contentes, nous entamâmes la conversation avec les 3 jeunes, un couple et leur ami, de style un peu hippie, impliqués si je me souviens bien dans l’agriculture biologique. Le temps passa agréablement jusqu’au moment ou ils nous laissèrent sur la route en direction de Bariloche, et une fois encore, nous patientâmes plusieurs heures sans que personne ne s’arrête. Désespérées, nous finîmes par nous mettre d’accord pour prendre un bus, quand, tout à coup, au moment ou nous fixions les attaches de nos sacs à dos, une petite dame nous proposât de nous avancer un peu! Halleluia !! Elle nous parlât de sa fille, a qui il arrivait de faire du stop, et nous dit qu’elle faisait ça en sachant que ça allait nous aider, et également qu’elle aimerait beaucoup elle aussi avoir le courage de partir à l’aventure comme nous l’avions fait. Elle finit par nous déposer sur notre piste suivante.

Là, nous fîmes la connaissance de Norbert, entrepreneur (bien que je ne me souvienne plus de sa branche d’activité), qui se rendait à Saint Raphael, prochaine grande ville sur notre passage. Heureuses que la providence nous l’eût mis sur le chemin, nous parcourûmes donc avec lui les 400 km qui suivirent. Notre nouvel ami était porteno, (c’est à dire originaire de Buenos Aires) et avait pour passion le chant, et pas n’importe quel chant: le tango ! Il nous fit démonstration de ses talents avec enthousiasme, et nous l’écoutâmes ravies de cette distraction. En arrivant à St Rafael, nous trouvâmes une auberge ou nous poser, et Norbert nous invita même à manger avec lui le soir même. Au menu viande et vin argentins, les deux délicieux. Nous remerciâmes Norbert et nous retournâmes a l’auberge nous reposer. Petite anecdote au passage: dans le dortoir ou nous séjournions, 3 autres filles étaient déjà installées (impossible de retrouver leurs prénoms pourtant) dont une petite argentine super gentille et sociable qui nous interrogea sur notre provenance et notre destination, ainsi qu’une autre fille, qui ne fit aucune attention à nous. Au moment ou l’argentine eut pris connaissance du fait que nous étions françaises, elle poussa une exclamation et nous désigna la fille qui avait vertement ignoré notre présence  » Ella tambien es Francesa », en gros « elle aussi est française »! Katja dans un désir sincère de sociabiliser lui dit gentiment « Oh chouette toi aussi t’es française » et la fille toujours aussi aimable lui répondit un « Ouais » sèchement. Devant tant de bonne humeur et de sympathie nous choisîmes de laisser tomber toute tentative de communication avec elle. Et voilà comment se passa notre première rencontre avec une « sympathique française ».

Si je tiens à insister sur ce petit incident, somme toute peu important, c’est pour souligner le fait que ce n’était que le premier comportement de ce type auquel nous fûmes confrontées, mais nullement le dernier. A mes amis voyageurs/geuses, j’aimerai rappeler a quel point nous autres Français avons mauvaise réputation en Amérique Latine. En effet le français est réputé de mauvaise humeur, râleur, sale, impoli et très souvent désagréable. Et après ce voyage je comprends mieux la raison de cette mauvaise réputation. Je ne dis pas que tous sont ainsi, mais voilà peut-être serait-il plus avisé de changer d’attitude.

Mais revenons en a nos moutons! Le lendemain, toutes fraîches, nous reprîmes la route de bonne heure, et décidâmes de faire la route à pied jusqu’à l’endroit ou nous souhaitions nous poster. Mal nous en prit, car nous nous rendîmes compte que c’était pas aussi proche que nous le pensions… Nous tentâmes de demander la direction dans une pharmacie, ou la dame parut horrifiée de ce que nous avions entrepris, et nous conseilla vivement, si nous tenions à nos vies de prendre un autobus. Hésitantes, et pourtant peu désireuses d’abandonner notre aventure contre un bus, nous nous mîmes d’accord pour continuer notre périple en stop. De la, deux personnes nous prirent en stop alternativement, pour nous faire avancer sur de petites distances, nous déposant finalement dans un endroit suffisamment dégagé pour être vues par d’éventuels conducteurs.

Ma patience déjà fortement émoussée par les nombreuses heures à patienter en vain ne fut pourtant pas mise à l’épreuve ce jour la, puisque très rapidement un poids lourd fit mine de s’arrêter nous prendre, ralentit jusqu’à presque s’arrêter… et a la dernière seconde continuât sa route… puis fit demi-tour et revient près de nous. Kit Kat et moi fûmes partagées premièrement entre espoir en le voyant ralentir, puis déception de le voir repartir et enfin incrédulité de le voir faire demi-tour. Notre nouveau sauveur s’appelait Oscar, et il nous proposait de nous emmener jusqu’à Neuquen. C’était la toute première fois qu’un poids lourd s’arrêtait pour nous prendre, aussi nous étions particulièrement contentes de notre nouveau moyen de transport. On attacha tant bien que mal nos sacs à dos à l’extérieur du camion, car il y avait peu de place dans la cabine et nous primes la route. Après quelques débuts un peu timides, Oscar se sentit en confiance avec nous et commençât à nous parler de lui. La 50ne, il faisait ce métier depuis une décennie, et il adorait son travail, d’ailleurs il considérait son camion comme sa maison, vu le nombre d’heures qu’il y passait. Il nous expliqua pourquoi nous avions eu autant de mal à trouver quelqu’un pour nous emmener à Mendoza et ailleurs: et c’est par la faute de groupes de jeunes ados, mal intentionnées qui se faisaient prendre en stop pour raquetter leurs victimes. Ce fut un long trajet, et notre hôte semblait heureux d’avoir de la compagnie sur une aussi longue distance. Il nous déposât très tard dans la nuit dans une station essence à l’entrée de Neuquen.

Au vu de l’heure très avancée, et surtout de notre grande fatigue, nous décidâmes de rester sur place en attendant le matin pour trouver quelqu’un, et poursuivre notre voyage. Par chance, la station essence avait de confortables canapés, ou nous tentâmes de dormir 1h ou 2, pas plus et aux premières lueurs de l’aube nous reprîmes la route.

Pour resituer un peu le contexte, nous étions au début du mois d’avril, et vu que l’Argentine se situe dans l’hémisphère sud, nous étions donc en tout début d’automne, nous dirigeant vers le Pole sud… La chose la plus marquante ce matin là, fut le froid glacial qui nous prit aux tripes ! Le vent impitoyable se glissait sournoisement par toutes les ouvertures de nos vêtements. Par chance, nous n’attendîmes que très peu avant qu’une voiture s’arrête, et un petit monsieur rondouillard nous emmena sur quelques kilomètres. La seconde chose dont je me souvienne, c’est l’état d’épuisement profond, dans lequel nous étions: nous n’avions dormi que très très peu sur les derniers jours, et passé beaucoup de temps dehors, dans le froid, a marcher ou a attendre longuement qu’on nous emmène. D’ailleurs, alors que nous étions la, au chaud dans la voiture, tentant difficilement de faire la conversation à notre petit monsieur, nos yeux, eux, peinaient à rester ouverts, et nos têtes à rester droites. Ce n’est qu’au moment ou le chauffeur demanda à Katja, installée à côté d’elle si elle allait bien, qu’elle lui expliquât qu’elle était épuisée, et qu’il ouvrit la fenêtre en grand, laissant le vent glacial pénétrer dans l’habitacle, que notre fatigue fut relayée au second plan…. puisque la c’était le froid qui nous torturait durement. (Petit clin d’œil pour toi Kit Kat, j’espère que ce souvenir te fera autant rire en lisant que moi maintenant en l’écrivant.). Le gentil, très gentil monsieur nous fit grâce en s’arrêtant, dieu merci et après un petit déjeuner, particulièrement dégueulasse et cher (sandwich de pain et jambon sans aucun gout) nous continuâmes.

Ce jour là, le sort ayant eu probablement pitié de nous, ne nous fit pas patienter plus de 5 minutes, la 3me voiture qui passait par là s’arrêta. Ma description sera malheureusement très pauvre sur lui, puisque je me suis endormi quelques instants après être montée en voiture. La seule chose que je sais de lui, c’est qu’il était de Salta, région du nord de l’Argentine. Quelques centaines de Km plus loin, il nous laissa au carrefour avec la route qui devait nous conduire à Bariloche. Ayant pu dormir un peu, c’est beaucoup plus enthousiastes que nous nous mîmes en position pour la suite du voyage. Je me souviens notre joie d’être arrivées jusque la, si prés de notre première destination ! Nous n’étions plus qu’a quelques km de notre objectif, et tout s’était très bien passé. Quiconque serait passé à ce moment là, nous aurait pris pour de grandes folles, puisque nous dansions et sautillions au bord de la route. Par chance personne ne nous vit, car personne ne passât pendant une bonne demi-heure. Mais ça restait tout de même une journée très positive pour nous, car finalement un beau véhicule type 4/4 s’arrêta et un gentil monsieur (dont je ne me rappelle plus du tout le nom malheureusement) s’arrêta. Par chance, il se rendait à Bariloche ! Nous étions sauvées ! Habituellement je laissais Katja s’asseoir devant, mettant en avant mon niveau d’espagnol moins avancé que le sien, et la honte que j’éprouvais à parler pour lui faire pitié, pour qu’elle accepte de s’asseoir devant, et fasse la conversation. Et moi je restais souvent derrière à dormir… oui je sais c’est pas sympa, mais ça nous convenait plutôt bien à toutes les deux sur le moment. Sauf que pour le coup j’avais réussi à dormir dans le véhicule précédent alors que Kit Kat non, aussi je me proposai de corvée de conversation.

Notre nouveau chauffeur était un monsieur la 60ne très cultivé, avec qui j’ai pris grand plaisir à discuter. Nous échangeâmes sur divers sujets, que ce soit histoire, art, voyages. Il m’expliqua les raisons de la guerre des Malouines, qui pour info fut un conflit sanglant qui opposa l’Argentine pendant la grande dictature dont je vous ai déjà parlé à l’Angleterre tachiste en 1982, et dura à peu près 2 mois, les deux pays se disputant les fameuses Iles Malouines. En seulement 2 mois, l’armée Argentine fut écrasée, et Le Royaume Uni sortit grand vainqueur. Il me parla également des histoires de Nazis qui avaient trouvé refuge en Argentine à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Le temps passa de façon très agréable, du fait de ces bavardages ainsi que des magnifiques paysages qui s’offraient à mes yeux émerveillés.

Puis nous arrivâmes enfin, au terme de cette aventure a Bariloche, particulièrement contentes de pouvoir enfin nous poser un peu, cette expérience ayant été plutôt épuisante.

Bon, je pense que je vais m’arrêter à cette étape du voyage, vu la longueur de mon texte. Je ne veux surtout ennuyer personne avec mes pavés, aussi je vous livrerai la suite très prochainement.

A très vite les amis !

Cristina

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